samedi 3 octobre 2026 - 15:26
L’Ayatollah Arafi appelle à la vigilance face à la guerre des récits lors de la prière du vendredi

Hawzah/Lors de la prière du vendredi à Qom, l’Ayatollah Alireza Arafi, directeur des séminaires islamiques d’Iran, a présenté une analyse des développements récents dans la région et des enseignements qu’il estime devoir être tirés de la guerre récente. Il a notamment évoqué le rôle de la « guerre des récits », la nécessité de préserver la cohésion nationale, le soutien aux élites scientifiques ainsi que les responsabilités des institutions dans les domaines culturel et social.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) –Au début de son intervention, l’Ayatollah Arafi a présenté ses condoléances à la suite du décès du grand Ayatollah Sayyed Moussa Shobeyri Zanjani, qu’il a décrit comme une éminente autorité religieuse ayant occupé une place importante dans la jurisprudence islamique, les sciences religieuses et les études théologiques. Il a également salué les services durables qu’il a rendus au savoir religieux et aux sciences islamiques.

Semaine de la Défense sacrée et hommage aux forces armées

À l’occasion de la Semaine de la Défense sacrée, l’imam de la prière du vendredi de Qom a rendu hommage aux martyrs de la guerre Iran-Irak, qu’il a qualifiée de période particulièrement importante dans l’histoire de l’Iran et du monde islamique.

Il a également exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des forces armées, en particulier aux forces de l’ordre iraniennes, évoquant les pertes et les dommages qu’elles ont subis lors du récent conflit.

Selon lui, les forces de l’ordre assument des responsabilités nombreuses et complexes et doivent agir avec une approche « djihadique, révolutionnaire et scientifique », tout en favorisant la participation de la population et la résolution des problèmes sociaux.

L’Ayatollah Arafi a notamment insisté sur les questions culturelles, en particulier celles liées à la chasteté et au hijab. Il a appelé à la formation d’un front coordonné associant les institutions publiques concernées, notamment les forces de l’ordre, le pouvoir judiciaire et les forces du Bassidj, avec la participation de la population comme fondement de cette action.

Concernant Qom, qu’il a qualifiée de « centre du savoir » et de lieu associé au sanctuaire de Hazrat Fatima al-Maassouma, il a appelé les habitants et les institutions à prendre des mesures réfléchies contre ce qu’il a présenté comme la propagation de phénomènes sociaux et culturels contraires aux valeurs religieuses.

Les élites scientifiques, moteurs du développement national

Le directeur des séminaires islamiques d’Iran a également consacré une partie de son intervention à la question des talents et des élites scientifiques.

Il a appelé les responsables à créer les conditions permettant de préserver les talents nationaux et de les orienter vers des projets contribuant au développement scientifique et au progrès du pays.

Selon lui, les élites constituent « les moteurs des programmes fondamentaux » et doivent assumer une responsabilité importante dans les domaines scientifique, technologique, spirituel, moral, social et politique.

Il a également souligné que les capacités scientifiques et technologiques de la jeunesse iranienne se manifestaient notamment dans les avancées militaires et dans différents secteurs technologiques. Il a appelé à renforcer cette dynamique afin que les jeunes talents puissent contribuer au développement scientifique et technologique ainsi qu’aux évolutions sociales et culturelles du pays.

La « guerre des récits », complément du champ de bataille

Dans la seconde partie de son intervention, l’ayatollah Arafi a poursuivi son analyse de la guerre récente en consacrant un volet particulier à ce qu’il a appelé la guerre des récits.

Selon lui, cette guerre informationnelle constitue désormais un complément essentiel aux opérations militaires. Il a estimé que, parallèlement aux affrontements sur le terrain, de nombreux médias et canaux de communication cherchent à influencer la perception des événements et à minimiser, selon son analyse, les réussites et les capacités de l’Iran.

Évoquant également l’histoire de l’islam, il a établi un parallèle avec la bataille de Karbala et avec le rôle joué par la transmission des récits après les événements de l’Achoura.

Il a appelé la population à faire preuve de discernement, de persévérance et de fermeté face à cette « guerre des récits ».

Cinq points stratégiques mis en avant par l’ayatollah Arafi

L’ayatollah Arafi a ensuite présenté cinq éléments qu’il considère comme des enseignements stratégiques de la guerre récente.

1. La remise en cause de l’image des États-Unis et d’Israël

Selon l’Ayatollah Arafi, les conflits récents auraient contribué à révéler, à ses yeux, ce qu’il considère comme la réalité politique des États-Unis et d’Israël, derrière leur discours relatif aux droits humains et à la démocratie.

Il a notamment dénoncé les opérations militaires ayant entraîné la mort de civils, d’enfants et d’élèves, ainsi que l’assassinat de responsables religieux et politiques. Il a également critiqué les engagements diplomatiques et les accords qui, selon lui, n’auraient pas été respectés.

Il a estimé que ces événements avaient rendu plus visible, au niveau international, ce qu’il considère comme les véritables politiques de Washington et de Tel-Aviv.

2. Critique des relations de certains pays de la région avec Israël

Le directeur des séminaires islamiques a ensuite vivement critiqué certains États de la région pour leur coopération avec les États-Unis et Israël.

Évoquant notamment les Émirats arabes unis, il a dénoncé la rencontre entre le président émirati et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il a qualifié cette rencontre de trahison au regard, selon lui, des victimes palestiniennes du conflit.

L’Ayatollah Arafi a déclaré que ces positions resteraient, selon lui, inscrites dans la mémoire politique de la région et seraient jugées par les peuples musulmans.

3. La fin de la patience stratégique face aux États-Unis

L’Ayatollah Arafi a également affirmé que la confrontation militaire récente avait, selon son analyse, contribué à modifier la perception internationale de la possibilité d’une confrontation directe avec les États-Unis.

Il a estimé que l’Iran avait démontré sa capacité à faire face directement à Israël et aux États-Unis et a souligné que le pays entendait maintenir, selon ses termes, son engagement en faveur de la résistance.

4. Une évolution des équilibres régionaux

Selon l’Ayatollah Arafi, la politique iranienne de « patience stratégique » vis-à-vis des pays de la région accueillant des bases étrangères aurait également évolué.

Il a affirmé que les bases et installations qu’il considère comme hostiles à l’Iran avaient désormais été intégrées au champ des possibles réponses militaires iraniennes.

Il a déclaré que toute action directe contre l’Iran pourrait, selon lui, entraîner une réponse visant les infrastructures militaires concernées.

5. De nouvelles capacités stratégiques iraniennes

Enfin, l’ayatollah Arafi a affirmé que la guerre récente avait révélé de nouvelles capacités stratégiques iraniennes.

Il a notamment cité le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb comme des éléments importants dans l’équation stratégique régionale. Selon lui, d’autres capacités pourraient également être mobilisées en cas de nouvelle confrontation.

La piété comme protection face aux épreuves

Dans la première partie de son sermon, l’ayatollah Arafi avait appelé les fidèles à la piété (taqwa), qu’il a présentée comme une protection spirituelle face aux « ruses de Satan ».

Évoquant la situation actuelle, il a affirmé que l’Iran traversait une période particulière marquée, selon lui, par le « djihad et la défense », ainsi que par une mobilisation et une cohésion importantes de la population.

Il a identifié trois qualités morales qu’il considère comme particulièrement importantes dans la société iranienne : la dignité et la fierté (izzat), la patience et la persévérance (sabr), ainsi que la clairvoyance et la capacité de discernement (basirat).

Selon lui, ces trois éléments, associés à la confiance en Dieu, ont produit des effets durables dans la société.

L’imam de la prière du vendredi de Qom a enfin souligné l’importance de la confiance en Dieu dans la vie politique et sociale et a présenté la « résistance » comme une notion devenue, à l’époque contemporaine, porteuse d’une littérature et d’une réflexion importantes dans le monde islamique.

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